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samedi, 19 mars 2011

Côte d'Ivoire L'ONU évoque un crime contre l'humanité en Côte d'Ivoire

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La haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a exhorté les parties qui s'affrontent en Côte d'Ivoire à cesser les violences contre les civils, au lendemain de tirs d'obus qui ont fait une trentaine de morts.

« Je vois des civils pris dans ces combats entre deux individus autour de la question du vainqueur de l'élection » présidentielle de novembre, a affirmé Navi Pillay, faisant référence au président sortant Laurent Gbagbo et à son rival Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale.

« J'appelle les deux parties à arrêter l'usage de la violence contre des civils », a ajouté Mme Pillay qui a aussi évoqué d'un possible crime contre l'humanité, relativement à l'attaque aux tirs d'obus attribuée à des forces pro-Gbagbo, jeudi, à Abobo, fief électoral de Ouattara.

« Cela pourrait bien constituer un crime contre l'humanité, au regard des preuves flagrantes d'attaques contre les populations civiles » a-t-elle indiqué, confirmant les déclarations à Genève de son porte-parole, Rupert Colville.

Mercredi, l'organisation humanitaire Human Rights Watch avait déjà évoqué des crimes contre l'humanité commis par les forces pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire.

Les États-Unis ont eux aussi dénoncé les attaques attribuées aux pro-Gbagbo et dont des « civils désarmés » font les frais. Ils ont demandé la « fin immédiate de ces brutalités ».

« La violence aveugle de Gbagbo contre des civils est intolérable. Tous les individus responsables d'avoir ordonné ou mené ces actes de haine devront répondre de leurs actes », a déclaré la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, dans un communiqué.

Mme Clinton a aussi clairement exprimé son soutien à Alassane Ouattara et a refusé d'attribuer une quelconque légitimité à Laurent Gbagbo. « Les affirmations de Gbabgo selon lesquelles il représente les Ivoiriens sont contredites par son refus de participer à la transition pacifique recommandée par l'Union africaine », a dénoncé la chef de la diplomatie de l'administration Obama.

« La rhétorique incendiaire de Gbagbo, notamment son récent appel aux civils à prendre les armes contre leurs compatriotes, contraste avec l'appel au calme et à la retenue du président Ouattara » a-t-elle ajouté.

Pour sa part, la France a affirmé souhaiter voir le Conseil de sécurité de l'ONU adopter une nouvelle série de sanctions contre le président sortant.

Par ailleurs, Laurent Gbagbo s'est dit prêt vendredi à un « dialogue » avec son rival Alassane Ouattara et a appelé les combattants du camp adverse à « déposer les armes ». Un appel immédiatement rejeté par le clan Ouattara.

Laurent Gbagbo a également exhorté les civils à aider ses forces à « neutraliser » des rebelles, renforçant la crainte d'une guerre civile sur tous les fronts.

Réagissant aussi pour la première fois officiellement au sommet de l'Union africaine du 10 mars à Addis Abeba, qui avait confirmé l'élection de M. Ouattara, M. Gbagbo a dit « prendre acte des cadres de discussion proposés » par l'UA.

Selon un communiqué lu par le porte-parole du gouvernement, Gbagbo « attend le haut représentant mandaté par l'institution pour envisager le schéma de dialogue interivoirien, seul gage de sortie pacifique de la crise, seul moyen pour préserver la sécurité des citoyens ».

La victoire d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle du 28 novembre a été reconnue par la commission électorale ivoirienne et la communauté internationale. Validée par les Nations unies, elle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, dirigé par un partisan de Laurent Gbagbo.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

11:19 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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