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lundi, 21 mars 2011

L'armée commence à lâcher le président Saleh

Plusieurs hauts gradés de l'armée yéménite, dont un général de premier plan, ont annoncé lundi qu'ils se joignent au mouvement de contestation contre le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

 


 

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Le général Ali Mohsen al-Ahmar, associé de longue date du président Saleh, a notamment déclaré dans une allocution diffusée par la chaîne Al-Jazira qu'il soutient « la révolte pacifique des jeunes » qui campent place de l'Université, à Sanaa.

Le général al-Ahmar, qui dirige en outre la zone militaire du nord-ouest, a accusé le chef de l'État de « réprimer les manifestants pacifiques » et de « pousser le pays vers la guerre civile ».

Le général al-Ahmar est issu de la confédération tribale Hached, la même que le président Saleh. Il était à ses côtés lors de la guerre contre le mouvement sécessionniste dans le sud du pays, dans les années 1990. Il a aussi participé aux opérations contre les rebelles chiites du nord du pays.

Un ancien porte-parole du ministère yéménite des Affaires étrangères, Jamila Ali Raja, prévient toutefois que le général Ali Mohsen al-Ahmar n'est pas populaire auprès des jeunes. « Il est très corrompu, il n'est pas respecté ici, au Yémen. Cependant, cela ouvre la porte à la chute du régime actuel », a-t-il déclaré à Al-Jazira.

Deux autres brigadiers de l'armée, Mohammed Ali Moshen et Hameed Al-Qusaibi, ont aussi annoncé qu'ils appuient maintenant le mouvement de contestation contre le président Saleh. Le premier dirige la zone militaire est, le second, la zone militaire d'Amran.

Un groupe de 60 officiers de l'armée originaires de la province de Hadramout, dans le sud-est du pays, ont aussi décidé de se joindre à la révolte contre le président Saleh, a annoncé lundi l'un d'eux, le général Nasser Ali Chouaïbi.

À Sanaa, l'Agence France-Presse rapporte que des dizaines d'officiers de l'armée ont annoncé qu'ils se joignaient à la contestation devant le sit-in de l'Université de la capitale.

Le mouvement de défection qui survient au Yémen semble avoir été accéléré par le massacre de la Place de l'Université à Sanaa, où 52 protestataires ont été abattus vendredi par des hommes armés soupçonnés d'être à la solde du régime.

Saleh de plus en plus isolé

Le président Saleh a été lâché en fin de semaine par la confédération tribale Hached, dont il est issu, et par une partie de l'élite religieuse du pays, qui appellent tous deux à son départ immédiat.

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Photo: AFP/Mohammad Huwais

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh s'adresse à ses partisans à Sanaa.

Le chef de l'État a en outre limogé dimanche soir son gouvernement, après la démission de trois ministres.

Le plus important chef tribal au Yémen, cheikh Sadek al-Ahmar, en a rajouté lundi, dans une déclaration à la chaîne satellitaire Al-Jazira, en demandant au président Saleh « d'éviter l'effusion de sang et d'opter pour une sortie honorable ».

Plusieurs hauts responsables politiques et d'ambassadeurs du gouvernement yéménite abandonnent aussi le président Saleh. Le gouverneur d'Aden, deuxième ville du pays, a remis sa démission lundi, tout comme les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, en Syrie, en Jordanie et au Koweit.

Selon Associated Press, des tanks et des véhicules militaires relevant de la garde républicaine, une force d'élite dirigée par le fils du président, Ahmed Saleh, prennent position devant le palais présidentiel et les faubourgs du sud de Sanaa.

Depuis le début du mouvement de contestation, le président Saleh a annoncé qu'il quitterait le pouvoir en 2013 et a assuré que son fils ne lui succéderait pas. Cela n'a pas mis en terme aux manifestations d'envergure dans les rues des principales villes du pays.

15:05 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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