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mercredi, 23 mars 2011

Le sort de José Socrates dépend de l'adoption ou du rejet du plan d'austérité

Vue du Parlement Portugais, le 22 mars 2011.

Vue du Parlement Portugais, le 22 mars 2011.AP/Armando Franca

L'opposition, majoritaire au Parlement, devrait confirmer mercredi son rejet du nouveau programme d'austérité du premier ministre, le poussant à la démission au risque de précipiter un appel à l'aide financière internationale. Le débat sur le nouveau "programme de stabilité et croissance" (PEC) proposé par le gouvernement doit débuter à 15 heures (16 heures à Paris), le vote des députés étant prévu à partir de 18 heures (19 heures à Paris). Le texte en lui-même, dont la version finale doit être remise fin avril à Bruxelles, n'a pas à être approuvé par le Parlement.

Mardi soir, le Parti social-démocrate (PSD), principale force d'opposition, a appelé à voter contre le PEC "au nom de l'intérêt national" jugeant que seul un départ du premier ministre et l'élection d'un nouveau gouvernement permettrait au Portugal de récupérer sa "crédibilité" et la "confiance" de ses partenaires européens comme des marchés financiers. En cas de rejet de son programme, M. Socrates, qui ne peut compter que sur l'appui de 97 députés socialistes sur 230 au Parlement, a annoncé qu'il démissionnerait, non sans promettre d'être candidat aux élections anticipées qui pourraient être fixées fin mai ou début juin. Le chef du gouvernement pourrait remettre sa démission dès mercredi au président de centre droit Anibal Cavaco Silva qu'il doit rencontrer à 19 heures, ou préférer attendre la fin du sommet européen vendredi.

Le Portugal pourrait être contraint par l'office européen des statistiques Eurostat d'inscrire des dépenses supplémentaires à son déficit de 2010, qui serait ainsi revu en hausse par rapport à l'objectif prévu de 7,3 % du PIB, rapporte la presse mercredi. Le déséquilibre des comptes publics portugais pourrait finalement "dépasser les 8 %" du PIB, indiquent le quotidien économique Diario economico et le journal de référence Publico, faisant état de "conversations" entre l'Eurostat et l'Institut national des statistiques (INE).

Selon ces deux journaux, la question concerne surtout la prise en compte des pertes financières de 2 milliards d'euros affichées par la banque BPN, nationalisée fin 2008 après la découverte d'opérations frauduleuses sur fonds de crise financière internationale. Par ailleurs, la comptabilisation de fonds transférés à certaines sociétés publiques de transport, largement déficitaires, pourrait davantage alourdir le déficit de 2010, précise le Diario economico. Le premier ministre, José Socrates, avait annoncé en janvier que le déficit public pour 2010 serait "clairement en dessous des prévisions" de 7,3 % du PIB, après un déséquilibre record de 9,3 % en 2009. Dans le cadre des procédures pour déficit excessif, l'INE doit communiquer à Bruxelles ses chiffres officiels à la fin du mois.

Le trafic ferroviaire était très fortement perturbé mercredi, au premier jour d'une nouvelle série de grèves dans le secteur des transports pour protester notamment contre les baisses de salaires imposées par le gouvernement. Dans le cadre de sa politique d'austérité budgétaire, le gouvernement portugais a imposé depuis janvier une baisse de 5 % en moyenne des salaires des fonctionnaires et exigé des entreprises publiques une diminution globale de 15 % de leurs dépenses.

16:04 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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