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mercredi, 23 mars 2011

Pas de répit pour les insurgés libyens

Les forces pro-Kadhafi poursuivent leurs opérations sur le territoire libyen mercredi. Misrata demeure assiégée, Zenten est bombardée et Ajdabiya continue d'être disputée, selon des témoignages recueillis par la presse internationale.

Des rebelles préparent une mitrailleuse antiaérienne aux abords de la ville d'Ajdabiya.

Photo: AFP/Aris Messinis

Des rebelles préparent une mitrailleuse antiaérienne aux abords de la ville d'Ajdabiya.

À Misrata, des chasseurs de la coalition internationale ont mené deux raids contre un secteur de la ville où sont basées des forces loyales à Mouammar Kadhafi, selon un habitant de la ville contacté par Reuters. Les raids, dit-il, ont entraîné un arrêt des tirs et des blindés de Kadhafi.

Les violences n'ont pas cessé pour autant. Un autre résident nommé Saadoun joint par Reuters a affirmé peu après que des tireurs embusqués ont ouvert le feu en direction de l'hôpital et de ses deux entrées principales. Selon lui, trois personnes ont été tuées.

« Personne ne peut entrer ou sortir. [...] Nous avons perdu la communication avec les gens à l'intérieur », affirme ce résident. Ces informations ne peuvent être vérifiées de source indépendante, les journalistes étrangers n'ayant pas accès à Misrata.

Un médecin de l'hôpital Misrata a affirmé à l'Agence-France Presse que 17 personnes, dont cinq enfants, ont été tuées mardi par des tireurs embusqués ou par de tirs d'obus des forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi.

Le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l'ONU avance pour sa part que les combats de lundi et mardi à Misrata ont fait 45 morts et 189 blessés. La situation dans la ville est critique, dit-il, puisqu'on n'y trouve « ni eau, ni essence, ni électricité ».

Un porte-parole des rebelles interrogé mercredi sur les ondes d'Al-Jazira a affirmé que la ville, située à environ 200 km à l'est de Tripoli, est assiégée depuis trois semaines et que la résistance des insurgés y est héroïque. Il a dit que les rebelles auraient le contrôle du port, ce qui pourrait permettre de leur acheminer de l'aide.

À Londres, le premier ministre britannique, David Cameron, a affirmé mercredi qu'il est très préoccupé par les événements en cours à Misrata et le sort réservé à sa population par les forces pro-Kadhafi.

Situation à Zenten et Ajdabiya

Les forces libyennes ont aussi repris leur bombardement de la petite ville de Zenten, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, selon un habitant joint au téléphone par Reuters. « Le bombardement se poursuit, la ville est entièrement encerclée, la situation est très mauvaise », a-t-il affirmé.

Carte de la Libye

Carte de la Libye

À Ajdabiya, à 200 km au sud de Benghazi, les forces pro-Kadhafi ont continué d'attaquer mercredi des centaines de rebelles postées aux abords de la ville. Ces derniers répliquent avec des tirs de roquettes Katioucha, selon ce que rapporte un correspondant d'Associated Press sur place.

« Les armes qu'ils ont sont des armes lourdes et nous avons des armes légères », affirme un ancien militaire passé à l'insurrection, Fawzi Hamid. « Les forces de Kadhafi sont plus puissantes que nous, alors nous dépendons des frappes aériennes » de la coalition, affirme-t-il.

À Tripoli, d'importants tirs de défense antiaérienne ont eu lieu mardi soir, pour une quatrième nuit consécutive. Des explosions ont aussi été entendues dans la capitale après la tombée de la nuit et mercredi avant-midi.

Selon le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l'ONU, 335 000 personnes ont fui la Libye depuis le début des affrontements, à la mi-février. Quelque 80 000 autres seraient déplacés à l'intérieur du territoire libyen.

Pas de rôle politique pour l'OTAN

L'Oragnisation du Traité de l'Atlantique Nord n'exercera pas « le pilotage politique » de la coalition internationale en Libye, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

L'Alliance atlantique, a-t-il dit, interviendra plutôt comme « outil de planification et de conduite opérationnelle » dans la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne.

Un peu plus tard, à l'Assemblée nationale, le mninistre Juppé a annoncé que les pays de la coalition se réuniront mardi prochain à Londres.

« Nous venons de prendre l'initiative, avec mon collègue britannique, d'inviter mardi à Londres un groupe de contact composé de l'ensemble des pays participant à l'opération, plus l'Union africaine, plus la Ligue arabe, plus tous les pays européens qui voudront s'y associer, de façon à bien marquer que le pilotage politique de l'opération, ce n'est pas l'OTAN, c'est ce groupe de contact », a-t-il déclaré.

Un des cinq navires du Groupe maritime permanent de l'OTAN, au port de Casablanca, en septembre 2010.

Photo: AFP/Abdelhak Senna

Un des cinq navires du Groupe maritime permanent de l'OTAN, au port de Casablanca, en septembre 2010.

Au début de la journée, un haut responsable de l'OTAN a déclaré à l'agence Associated Press que des bâtiments de guerre placés sous le commandement de l'OTAN commenceront mercredi à patrouiller au large des côtes libyennes, en mer Méditerranée.

L'alliance militaire transatlantique avait déjà fait savoir mardi que ses pays membres se sont entendus pour faire respecter l'embargo sur les armes décidé par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Deux flottilles composées de deux frégates, de six bateaux spécialisés dans la détection de mines sous-marines et d'un navire de ravitaillement seront assignées à cette tâche. Leurs opérations seront dirigées depuis Naples, en Italie.

Le président Obama a défendu mardi l'intervention militaire en Libye. Il a soutenu que la situation actuelle avait le potentiel de semer le chaos dans toute la région et que les frappes aériennes ont déjà permis de sauver des vies à Benghazi, berceau de l'opposition.

Trois journalistes arrêtés la semaine dernière ont été libérés au cours des dernières heures. De gauche à droite : le photographe Joe Raedle, de Getty Images, le photographe Roberto Schmidt, de l'AFP, et le journaliste Dave Clark, aussi de l'AFP.

Photo: AFP/Imde Lamloum

Trois journalistes arrêtés la semaine dernière ont été libérés au cours des dernières heures. De gauche à droite : le photographe Joe Raedle, de Getty Images, le photographe Roberto Schmidt, de l'AFP, et le journaliste Dave Clark, aussi de l'AFP.

Nouveau discours de Kadhafi

Le colonel Kadhafi a pour sa part fait une première apparition publique depuis une semaine. S'exprimant depuis le balcon d'une résidence de son quartier général de Bab Al-Azizia, devant une foule venue former un bouclier humain pour le protéger d'éventuels raids aériens, il a une fois de plus dénoncé les bombardements de la coalition internationale et a promis la victoire.

« Nous ne nous rendrons pas, nous les battrons par tous les moyens, a-t-il scandé dans ce discours de cinq minutes retransmis à la télévision d'État. Nous sommes prêts pour le combat, qu'il soit de courte ou de longue durée. »

Je reste ici, ma maison est ici. Je reste dans ma tente.

— Mouammar Kadhafi, s'adressant à ses partisans

« Il y a des manifestations partout contre cette attaque injustifiée, qui viole la charte des Nations unies. Cet assaut est mené par une bande de fascistes qui finiront dans les poubelles de l'histoire », a poursuivi Mouammar Kadhafi.

Aucun journaliste n'a eu l'autorisation d'assister au discours du leader libyen qui est au pouvoir depuis 1969.

Radio-Canada.ca avecAssociated Press, Agence France Presse et Reuters

16:41 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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