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jeudi, 24 mars 2011

La Syrie envisage de lever l'état d'urgence

Alors que des dizaines de milliers de manifestants défilaient à nouveau dans les rues de Deraa, le régime syrien a annoncé jeudi qu'il étudiera la possibilité d'annuler la loi sur l'état d'urgence, en place depuis 1963.

La conseillère du président el-Assad, Boussaïna Chaabane, qui s'est adressée à la presse au nom du chef d'État, a également affirmé que les autorités se pencheraient sur l'instauration d'une structure gouvernementale multipartite.

Mme Chaabane a en outre annoncé une série de mesures sociales immédiates en réponse à la grogne populaire : augmenter les salaires des employés de l'État, améliorer l'accès à l'emploi pour les jeunes, adopter une loi sur la liberté de la presse, lutter contre la corruption, entre autres.

Le président el-Assad, dont le parti Baas est au pouvoir depuis plus de 40 ans, n'a pas pris la parole en public depuis le début du soulèvement.

Des militants antigouvernementaux se rassemblent à Deraa, le 23 mars 2011.

Photo: AFP/Anwar Amro

Des militants antigouvernementaux se rassemblent à Deraa, le 23 mars 2011.

Manifestation pour les « martyrs » syriens

Plus tôt en journée, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées à Deraa, dans le sud du pays, pour assister aux funérailles de protestataires tués la veille.

« La ville a besoin d'une semaine pour enterrer ses martyrs », a affirmé à l'Agence France-Presse le militant Ayman al-Assouad.

Selon des témoins, le cortège s'est mué en protestation contre le régime du président Bachar el-Assad alors qu'il se dirigeait de la mosquée Omari vers le cimetière. « Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, martyr. », a scandé la foule.

Selon des militants des droits de la personne, plus d'une centaine de manifestants ont été abattus mercredi par la police dans la ville de Deraa, épicentre de la contestation syrienne.

Un responsable de l'hôpital de la ville avait auparavant déclaré que l'établissement avait reçu au moins 25 cadavres mercredi en fin d'après-midi. « Ils portaient tous des traces de balles », a-t-il précisé jeudi à l'agence Reuters.

Les autorités ont pour leur part attribué la responsabilité des violences de mercredi à un « gang armé », l'accusant d'avoir tué quatre personnes et « d'emmagasiner des armes dans la mosquée » Omari.

Un mouvement qui perdure

D'importantes manifestations contre le pouvoir se succèdent à Deraa depuis le 18 mars malgré la loi d'urgence instaurée il y a 48 ans. Des protestations ont en outre été recensées dans tout le pays au cours des derniers jours.

Comme dans plusieurs pays du monde arabe depuis le début de l'année, les réseaux sociaux ont contribué à organiser le mouvement de contestation.

Une page Facebook intitulée La révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2001 semble avoir été le point de départ de l'agitation qui a commencé par de petits rassemblements à Damas avant de s'étendre dans le sud du pays.

Cette page appelle à des manifestations pour « une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception ».

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters

19:33 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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