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vendredi, 25 mars 2011

L'OTAN prendra le commandement militaire des opérations en Libye

Un Mirage de l'armée française est préparé pour une mission au-dessus de la Libye, à la base de Solenzara, en Corse.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Francois Mori

Un Mirage de l'armée française est préparé pour une mission au-dessus de la Libye, à la base de Solenzara, en Corse.

Les pays de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord se sont mis d'accord pour assurer le commandement des opérations militaires de la coalition internationale en Libye, a fait savoir le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

Le chef de la diplomatie turque en a fait l'annonce jeudi à l'issue d'une téléconférence avec ses homologues des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.

Le transfert du commandement militaire, présentement assuré par ces trois pays occidentaux, se fera au cours des prochains jours. Le ministre turc a évoqué un délai d'un jour ou deux. Un diplomate cité par l'Agence France-Presse a plutôt parlé de lundi ou mardi.

Critiquée sur la scène intérieure, l'administration Obama souhaitait que les États-Unis, déjà présents en Afghanistan et en Irak, se désengagent le plus rapidement possible de la conduite des opérations.

« La coalition constituée après la réunion de Paris va abandonner sa mission au plus vite et confier l'opération dans son ensemble à l'OTAN avec un système de commandement unique », a ajouté le ministre Davutoglu, précisant que les opérations se feraient sous la tutelle des Nations unies.

« Les demandes et les inquiétudes de la Turquie ont été entendues », a-t-il affirmé. L'intervention militaire ne doit pas outrepasser le cadre préconisé par la résolution 1973 de l'ONU, avait-il dit la veille.

Selon Paris, le compromis prévoit parallèlement qu'un groupe de contact distinct de l'OTAN, formé de plusieurs États participant aux opérations, assurera le « pilotage politique » de l'intervention.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a déjà indiqué, jeudi, qu'elle participerait à la première réunion du groupe de contact, prévue mardi prochain. Son homologue français, Alain Juppé, avait fait savoir la veille que la rencontre, qui réunira aussi des représentants de la Ligue arabe et de l'Union africaine, se tiendrait à Londres.

Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne et l'Italie, militaient en faveur d'une direction totale des opérations par l'OTAN. Craignant de s'aliéner les pays musulmans, la France s'y opposait, préconisant une coalition qui inclurait des pays arabes.

La Turquie, seul pays musulman membre de l'Alliance atlantique, a longtemps bloqué un accord, car elle refusait que l'organisation cautionne des bombardements contre des cibles au sol en Libye.

Les négociations se poursuivent

Si les grandes lignes d'un compromis ont été scellées, les détails de l'entente, notamment la question des frappes, n'étaient pas encore réglés dans la soirée de jeudi. Réunis à Bruxelles depuis plusieurs jours, les représentants des 28 États membres de l'OTAN poursuivaient leurs tractations.

Ankara resterait mécontent des règles de fonctionnement prévus pour la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen et continuerait d'insister pour éviter des bombardements.

Plus tôt dans la journée, la France a affirmé que les frappes aériennes se poursuivraient « le temps nécessaire ». « Nous ciblons sur les moyens militaires et sur rien d'autre », a déclaré le ministre Juppé à la radio RTL. « La destruction des capacités militaires de Kadhafi, ça peut se compter en jours, en semaines, certainement pas en mois », a-t-il assuré un peu plus tard, lors d'un point de presse.

Selon une source diplomatique, l'entente sur la table autoriserait les pays qui souhaitent mener des frappes à le faire tout en laissant ceux qui s'y objectent ne pas le faire. Concrètement, les premiers se chargeraient d'une zone d'exclusion aérienne élargie, appelée « No fly zone plus », permettant les bombardements, tandis que la responsabilité des seconds se limiterait à la surveillance aérienne et aux batteries de défense antiaérienne.

Les ambassadeurs à l'OTAN négocient d'arrache-pied depuis plusieurs jours pour tenter de définir le rôle exact que serait appelée à jouer l'organisation dans l'intervention militaire en Libye.

En parallèle, les dirigeants des pays de l'Union européenne sont réunis à Bruxelles, jeudi, pour un sommet lui aussi consacré à la situation en Libye.

Autres informations

Un haut responsable américain cité par l'AFP a indiqué que les Émirats arabes unis déploieraient 12 avions de combat dans le cadre des opérations aériennes en Libye. Le Qatar était le seul pays arabe à participer aux opérations militaires à ce jour.
Le premier ministre britannique avait déjà indiqué que le Koweït et la Jordanie fourniraient un « soutien logistique », mais la Jordanie avait affirmé qu'elle se limiterait à une aide humanitaire.

L'Union européenne affirme être prête à priver le régime de Mouammar Kadhafi de tous ses revenus pétroliers et gaziers. L'UE voudrait notamment l'empêcher de recruter des mercenaires.

Les rebelles libyens n'arrivent pas à faire des gains

Carte de la Libye

Carte de la Libye

Un haut-responsable du Pentagone, le vice-amiral Bill Gortney, a indiqué jeudi que « plus de 350 avions » de la coalition, dont la moitié sont américains, étaient impliqués dans les opérations aériennes.

L'armée française a annoncé jeudi le bombardement d'une base aérienne située à 250 km au sud des côtes libyennes, loin de la zone de Benghazi, où la France intervenait jusqu'à présent. L'état-major français n'a pas précisé les dégâts qui ont en résulté. La coalition internationale avait attaqué la même zone dans la matinée.

Un chasseur français a aussi abattu un avion militaire libyen ne respectant pas la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Mais, sur le terrain, malgré les nombreuses frappes des armées américaine, britannique et française, les forces fidèles au colonel Kadhafi maintiennent leurs positions à Ajdabiya et poursuivent leur offensive à Misrata et Zenten, jeudi.

À Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, des rebelles et des résidents joints au téléphone par Reuters affirment que des tanks sont entrés dans la ville après que la nuit fut tombée, et ont entrepris de pilonner un secteur situé à proximité de l'hôpital. Mercredi, des raids de la coalition s'étaient traduits par une courte accalmie.

Un résident de Misrata se prénommant Abdelbasset a déclaré à Reuters que des raids de la coalition ont détruit des chars à l'entrée de la ville, mais que d'autres sont toujours actifs au centre de la ville.

Il ajoute que les insurgés ont perdu le contrôle du port. « Depuis mercredi, le port est sous contrôle des soldats [de Kadhafi]. Ils ont envoyé deux navires de guerre et quelques bateaux, et maintenant ils nous assiègent par la mer », affirme-t-il.

« Ils ne nous ont pas attaqués, mais s'ils le font, les milliers d'ouvriers seront les premières victimes », ajoute-t-il, faisant référence aux quelque 6000 travailleurs égyptiens et africains qui tentent de quitter la ville par la mer. « Ils sont allés là-bas dans l'espoir de trouver un bateau pour partir, mais personne ne vient », a expliqué Abdelbasset.

Un porte-parole des rebelles dans la troisième ville du pays soutient que des tireurs d'élite sont toujours actifs dans la ville. Selon lui, ils auraient déjà tué 16 personnes. Ces informations ne peuvent être vérifiées non plus, la presse étrangère étant totalement absente dans cette ville.

Selon un médecin de Misrata cité par l'AFP, les forces loyales au colonel Kadhafi ont fait 109 morts et plus de 1300 blessés depuis le début de leur offensive. Quatre personnes sont tombées sous les tirs de snipers », a-t-il précisé.

Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaaim, a démenti toute opération militaire à Misrata. Il assure que le régime respecte le cessez-le-feu imposé par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.

À Zenten, sous contrôle des insurgés, un résident joint au téléphone par Reuters affirme que davantage de troupes et de tanks sont arrivés pour prêter main-forte aux unités qui bombardent la ville, à environ 100 km au sud-ouest de Tripoli.

Sur le front est, la situation est inchangée

Des insurgés fuient des tirs de mortiers aux abords d'Ajdabiya.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Anja Niedringhaus

Des insurgés fuient des tirs de mortiers aux abords d'Ajdabiya.

Les rebelles demeurent aux portes d'Ajdabiya, mais sont gardés à bonne distance par les forces loyalistes, comme c'était le cas au début de la semaine. Ajdabiya est située à 200 km au sud de Benghazi, berceau de l'opposition et siège du gouvernement de transition dirigé par l'ex-ministre de la Justice, Mahmoud Jabril.

Un habitant de Sebha, à 750 km au sud de Tripoli, a aussi déclaré à l'AFP que la coalition internationale a mené au cours des dernières heures des raids aériens intensifs sur la ville. Celle-ci est un fief de la tribu de Guededfa, dont fait partie le colonel Kadhafi.

Des tirs entendus à Tripoli, Tajoura et Syrte

Des journalistes de l'AFP à Tripoli ont rapporté que des tirs de la défense antiaérienne avaient retenti jeudi soir. Au moins une explosion a secoué la capitale et deux autres ont été entendues dans sa banlieue de Tajoura. La télévision nationale libyenne a soutenu que des « missiles de longue portée » avaient visé des « sites civils et militaires » de ces deux villes.

Un habitant de la région a également affirmé à l'AFP que des tirs de DCA et des explosions avaient secoué Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi, située à 600 km à l'est de la capitale libyenne.

D'autres explosions avaient été entendues à Tripoli et à Tajoura dans la nuit de mercredi à jeudi. En matinée, l'agence officielle libyenne Jana a accusé la coalition d'avoir « visé un quartier résidentiel » de la banlieue est de Tripoli, faisant un « nombre important de morts parmi les civils ». La télévision nationale libyenne diffuse des images de Libyens qui auraient été blessés lors des frappes, mais les journalistes ne sont pas en mesure d'en vérifier l'authenticité.

Selon le régime libyen, les raids de la coalition ont fait « environ 100 morts » parmi les civils depuis le début de l'offensive, le 19 mars.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Reuters et Al-Jazira

14:21 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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