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vendredi, 12 août 2011

Rome adoptera de nouvelles mesures d'économies d'ici au 18 août

Silvio Berlusconi et Giulio Tremonti, lors d'une réunion avec les partenaires sociaux, à Rome, mercredi 10 août 2011.

Silvio Berlusconi et Giulio Tremonti, lors d'une réunion avec les partenaires sociaux, à Rome, mercredi 10 août 2011.REUTERS/TONY GENTILE

Silvio Berlusconi s'est engagé, mercredi 10 août, à faire adopter d'ici au 18 août de nouvelles mesures d'économies, sous la pression intense de la BCE (Banque centrale européenne), qui a accordé un répit à l'Italie en rachetant une partie de sa dette mais a exigé en contrepartie une cure d'austérité plus sévère.

Le chef du gouvernement italien a promis de "convoquer un conseil des ministres d'ici au 18 août" pour adopter un nouveau plan d'économies, et "peut-être avant", lors d'une rencontre avec les partenaires sociaux. Le gouvernement entend recourir à la procédure du décret-loi, plus rapide qu'un projet de loi classique. "Nous devons faire vite, nous avons pris des engagements douloureux", a souligné M. Berlusconi. Dans une allusion aux turbulences sur les marchés, parmi lesquels Milan a été la lanterne rouge, mercredi, avec une chute de plus de 6 %, son éminence grise, Gianni Letta, a souligné combien la situation est en train de "se précipiter".

Sous la pression des marchés et des autres pays européens, l'Italie, qui ploie sous une énorme dette (120 % du PIB) et dont la croissance est poussive depuis une dizaine d'années, s'est engagée, vendredi dernier, à revenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 au lieu de 2014. Le Cavaliere a aussi rappelé que Rome voulait insérer au plus vite dans la Constitution la règle d'or de l'équilibre des comptes publics, soulignant que "le travail était déjà en cours".

Les nouvelles mesures visent à économiser 20 à 25 milliards d'euros de plus que la cure d'austérité de 48 milliards d'euros sur trois ans adoptée à la mi-juillet par le Parlement. Celles-ci n'ont pas été détaillées, mais le ministre des finances, Giulio Tremonti, devrait donner plus de précisions, jeudi matin, devant le Parlement. La presse transalpine parue mercredi 10 août semble cependant avoir une idée des réformes qu'envisage le gouvernement.

RÉFORME DES RETRAITES ENVISAGÉE

Parmi les hypothèses envisagées figurent un plan de libéralisation des services publics locaux – gaz, électricité, transports publics – ainsi que la cession de participations de l'Etat dans de grandes entreprises, ou encore une hausse de l'impôt foncier sur les résidences secondaires. La taxe sur les revenus financiers pourrait aussi monter à 20 % et une réforme du droit du travail est à l'étude.

>> Lire notre décryptage Dette : comment l'Italie en est-elle arrivée là ?

D'autres mesures comporteront des coûts politiques pour M. Berlusconi, déjà très affaibli au Parlement. Ainsi, une réforme des retraites est envisagée avec notamment le passage de l'âge de départ à la retraite des femmes à 65 ans dans le privé ou l'adaptation accélérée de l'âge de la retraite à l'espérance de vie. Mais la Ligue du Nord, alliée indispensable du chef du gouvernement, refuse catégoriquement cette éventualité.

Quant à l'imposition du patrimoine, elle est rejetée par le parti même de M. Berlusconi, le Peuple de la liberté. Dans l'hypothèse envisagée, un prélèvement extraordinaire toucherait aussi bien les biens mobiliers qu'immobiliers. Enfin, restent les syndicats et l'opposition de gauche, qui ont averti qu'ils ne laisseraient pas la classe moyenne et les classes populaires supporter tout le poids de la politique d'austérité choisie par le gouvernement. Les partenaires sociaux doivent se réunir avec le gouvernement, mercredi à 15 heures.

La seule mesure susceptible de ne rencontrer aucune opposition chez ces derniers est la réduction des "coûts de la politique". Les parlementaires italiens en effet sont les mieux payés d'Europe et bénéficient d'un système de retraite très avantageux qui leur permet de toucher une pension après une seule législature.

Le gouvernement pourrait ainsi réduire le nombre de parlementaires, mais aussi  faire disparaître des provinces. La seule mesure annoncée officiellement par le gouvernement italien jusqu'à présent est l'anticipation d'un an d'une réforme prévue de l'aide sociale, qui devrait permettre d'économiser 20 milliards d'euros.

07:00 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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