topblog Ivoire blogs

vendredi, 25 mars 2011

Un deuxième tour entre Manigat et Martelly

Les candidats Mirlande Manigat et Michel Martelly

Photo: AFP/Thony Belizaire

Après un premier tour entaché d'irrégularités, marqué par des scènes de violence et au déroulement contesté, le second tour de la présidentielle haïtienne s'est déroulé dans un calme relatif le 20 mars dernier. Malgré plusieurs accrocs logistiques, les Haïtiens auraient voté en masse, selon les premières observations.

Au lendemain du scrutin, les télévisions et radios locales ont commencé à prédire la victoire de Michel Martelly, un chanteur populaire, qui s'oppose à l'ancienne première dame Mirlande Manigat.

Toutefois, les résultats préliminaires ne seront connus que le 31 mars et les résultats définitifs, le 16 avril.

Pour la première fois dans l'histoire du pays, les Haïtiens devaient choisir leur président lors d'un deuxième tour. D'abord prévu le 16 janvier, celui-ci a été reporté en raison des délais dans la révision des résultats de la première phase électorale.

Après quelques rebondissements, le candidat du pouvoir Jude Célestin a finalement été écarté du second tour pour laisser la place à Mirlande Manigat et Michel Martelly (arrivé troisième), deux candidats au parcours et à la personnalité aux antipodes.

La première, une grand-mère de 70 ans, est une ancienne sénatrice qui paraît posée et connaît bien ses dossiers. Son impétueux rival est de 20 ans son cadet. Il est sans expérience politique et se présente comme l'homme du changement. Pour Michel Martelly, Mirlande Manigat représente « un système vieux de 30 ans », une classe politique qui n'a pas aidé la population haïtienne.

Mirlande Manigat estime pour sa part que son adversaire « incarne une forme de populisme irresponsable et irréfléchi ».

Un scrutin sous haute surveillance

Le jour du vote, les quelques 11 000 bureaux de scrutin ont été sous la surveillance de 23 000 policiers et de Casques bleus de la MINUSTAH, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti.

Environ 200 observateurs internationaux ont également été postés aux urnes, afin de prévenir des fraudes, qui ont été massives lors du premier tour en novembre dernier.

Selon le Conseil électoral provisoire haïtien, au moins deux personnes seraient mortes dans des violences, à Marchand-Dessalines, dans le nord du pays, et à Mare rouge, dans le nord-ouest. La police nationale haïtienne aurait également procédé à une vingtaine d'arrestations liées à des fraudes. De plus, le chanteur Wyclef Jean, qui soutient le candidat Michel Marcelly, aurait été blessé par balle à la main dans la nuit de samedi à dimanche. Mais les circonstances exactes de l'incident restent floues.

Globalement, le Conseil électoral souligne le calme qui a régné durant la journée et qui contraste avec les violences survenues après le premier tour de la présidentielle, en novembre dernier. Trois jeunes hommes qui collaient des affiches électorales de Mirlande Manigat ont notamment été tués.

Calendrier électoral

Début de la campagne électorale liée au deuxième tour: 17 février
Tenue du deuxième tour: 20 mars
Publication des résultats préliminaires: 31 mars
Publication des résultats définitifs: 16 avril

Les deux candidats

Âgée de 70 ans, Mirlande Manigat, candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), est une ancienne sénatrice et une ancienne première dame. Son mari, l'ancien président Leslie Manigat, a été renversé par un coup d'État quatre mois après le début de son mandat, en 1988.

Vice-rectrice de l'Université Quisqueya et professeure de droit constitutionnel, elle fait de l'éducation une priorité. Admettant qu'elle fait partie des privilégiés, elle veut combattre les injustices sociales. Elle prône des changements constitutionnels, dont le retrait de l'interdiction de la double nationalité, et préconise la participation de la diaspora dans le développement et la vie politique du pays.

Celle qui dit que le « malade Haïti » a besoin de « soins intensifs » dénonce la corruption et propose une assistance internationale qui serait basée sur la transmission de savoirs et non sur l'aide humanitaire. Si elle axe sa campagne autour du changement, Mirlande Hyppolite Manigat reconnaît que son pays ne peut pas être transformé en profondeur en un seul mandat. Elle est en faveur du départ éventuel de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

« Pour les 100 premiers jours au pouvoir de son éventuel gouvernement, la candidate Manigat a souligné sa priorité de freiner l'épidémie de choléra, d'anticiper les situations d'urgence avec l'approche de la saison des ouragans et parvenir à la stabilité des prix », rapporte le site d'information Haïti libre.

La candidate se targue par ailleurs d'être entourée d'une équipe compétente et honnête.

Dès le premier tour, le Collectif pour le renouveau haïtien, qui regroupe une centaine de parlementaires actifs ou ayant déjà siégé, lui a accordé son soutien. Le très populaire groupe Barikad Crew et d'anciens footballeurs de l'équipe nationale, dont Ti Gana, ont eux aussi pris position pour la candidate, tout comme certaines associations d'étudiants.

Comme le prédisaient les sondages, elle est sortie vainqueur du premier tour.

Figure de proue du kompa, Michel Martelly, connu sous le surnom de Sweet Mickey, fait partie de la nouvelle vague de la musique haïtienne. Particulièrement populaire auprès des jeunes, l'artiste de 50 ans défend les couleurs de Repons peyizan (Réponse des paysans). Très présent sur les réseaux sociaux, il se présente comme « quelqu'un en dehors du système ».

Il est le président fondateur de la Fondation Rose et Blanc, qui vise à améliorer les conditions sociales, sanitaires et économiques de la population haïtienne.

Son programme électoral met notamment l'accent sur la sécurité de la population et sur le développement économique et la création d'emplois, fondés, entre autres, sur les investissements étrangers et le tourisme. Il préconise également la création d'un « module de sortie de crise postséisme » et une décentralisation des pouvoirs tout comme l'éducation gratuite pour les enfants de 6 à 12 ans et des soins de santé universels de base.

Il prône lui aussi la double nationalité et veut remplacer la MINUSTAH par une force de sécurité haïtienne (l'armée haïtienne a été démantelée après le retour au pouvoir de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide).

S'il est élu, Michel Martelly entend chercher conseil auprès d'experts internationaux pour relever les défis auxquels est confronté Haïti.« Ce ne sera pas facile, mais avoir un leader qui est aimé, adulé, en qui le peuple a confiance, ça aidera déjà beaucoup », peut-on lire sur son site.

Ses priorités immédiates seraient « la restauration de l'autorité de l'État, la création de la confiance et l'élaboration d'un plan pour reloger les centaines de milliers de personnes déplacées qui vivent sous les tentes depuis le séisme de janvier 2010 », résume Haïti libre.

Il a de son côté reçu le soutien de la vedette internationale Wyclef Jean, dont la candidature à la présidentielle haïtienne avait été rejetée l'été dernier, du maire de Jacmel Edo Zenny et de l'ancien ambassadeur haïtien aux États-Unis Jean Raymond Joseph. Vantant son « esprit d'ouverture [...] et son programme », cinq autres candidats au premier tour lui ont également accordé leur appui.

Dans la foulée de la crise immobilière, les banques américaines ont saisi trois des résidences de sa famille aux États-Unis, dont l'une d'une valeur de près d'un million de dollars, a rapporté le Miami Herald. Interrogé sur le sujet par un journaliste haïtien, Michel Martelly a notamment répondu: « Le peuple est là, il nous regarde. Il est dans la rue ». Certaines associations de journalistes ont interprété ses propos comme des menaces de représailles.

Haïti face son passé

Jean-Claude Duvalier escorté par des policiers, le 18 janvier 2011Alors qu'Haïti nageait en pleine crise électorale, attendant de savoir quels candidats finiraient par s'affronter au deuxième tour de l'élection présidentielle, deux de ses anciens dirigeants se sont manifestés, soulevant ainsi des questions sur lemoment choisi pour leur retour et sur l'impact que cela pourrait avoir.

D'abord, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier est rentré au pays, en janvier, après 25 ans d'exil. L'ancien dirigeant, au pouvoir de 1971 à 1986, a rapidement été accusé de vol, de corruption et de détournement de fonds et ne peut pour l'instant quitter le pays. Jean-Claude Duvalier est soupçonné d'avoir détourné quelque 100 millions de dollars durant son règne. Le juge d'instruction doit maintenant étudier les accusations portées afin de déterminer s'il poursuit ou non l'affaire sur le plan judiciaire. Quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont aussi été déposées contre lui. Selon Me René Magloire, conseiller spécial du président haïtien René Préval, des accusations de crimes de guerre devraient également être déposées sous peu contre celui qui a été surnommé « Bébé Doc ».

Jean-Bertrand Aristide (archives)Parallèlement, dans les jours qui ont suivi le retour de Duvalier, l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, en exil en Afrique du Sud, s'est dit prêt à revenir dans son pays d'origine « aujourd'hui, demain, n'importe quand ». Après des rumeurs ayant couru pendant plusieurs semaines, l'ex-dirigeant est finalement rentré au pays le 18 mars, deux jours avant la tenue du deuxième tour, plus d'un mois après que le gouvernement Haïti lui eut fourni un passeport diplomatique. Dans un communiqué émis à la mi-janvier, l'ancien prêtre des bidonvilles a soutenu qu'il comptait aider ses concitoyens en se consacrant à l'éducation.

Premier président haïtien à avoir remporté une élection démocratique après le renversement de Duvalier, le président élu en 1990 a été chassé huit mois plus tard par un coup d'État militaire. Il est ensuite revenu à la tête de l'État en octobre 1994, grâce à l'intervention militaire des États-Unis. Il a terminé son mandat en 1996, laissant le pouvoir à son dauphin, l'actuel président René Préval. Réélu en novembre 2000, il a cependant été contraint à l'exil en février 2004, sous la menace d'une insurrection armée conjuguée à des pressions internationales, notamment des États-Unis et de la France, qui lui reprochaient son incompétence. [Pour en savoir plus]

La réaction des aspirants à la présidence

Avant le retour d'Aristide, Mirlande Manigat et Michel Martelly avaient indiqué qu'ils considéraient qu'il avait le droit de revenir dans son pays, tout comme l'avait fait avant lui Jean-Claude Duvalier. Tous deux avaient cependant précisé qu'ils préféreraient que ce retour s'effectue après les élections.

La première a dit ne pas s'opposer à ce que les anciens présidents « participent à la vie politique » haïtienne. « Tout le monde connait la place importante qu'a l'éducation dans mon programme et si Aristide veut aider dans ce domaine, il pourra m'aider à mettre en application mon programme », a-t-elle déclaré, citée par Haïti libre. Michel Martelly a de son côté dit « [rêver] de voir tous ces anciens dirigeants réunis en un seul lieu pour une réconciliation nationale ». « Je prône la clémence et l'inclusion, arrivé au pouvoir j'aimerais que tous les anciens présidents deviennent mes conseillers afin de pouvoir profiter de leur expérience », a-t-il affirmé.

Washington, qui préférerait pour sa part que Jean-Bertrand Aristide ne rentre pas en Haïti, lui avait demandé de « différer son retour » pour éviter de perturber l'élection présidentielle.

Un pays à reconstruire et même à construire

Installées dans les débris, des femmes nettoient leurs vêtements près de Port-au-Prince.

Photo: AFP/Hector Retamal

Le vainqueur aura la lourde responsabilité de reconstruire le pays, le plus pauvre des Amériques, après le séisme qui a tué plus de 250 000 personnes et occasionné des dommages et des pertes avoisinant les 8 milliards de dollars.

Les défis qui attendent les élus de l'État le plus pauvre des Amériques sont par conséquent titanesques. C'est ce qui fait dire à l'International Crisis Group, une organisation qui travaille à prévenir et à résoudre les conflits, que cette élection est peut-être pour Haïti « la plus importance de son histoire ».

Mais avant même que ne se produise le tremblement de terre, les problèmes liés à la gouvernance et aux conditions de vie étaient nombreux : pauvreté extrême, systèmes de santé et d'éducation déficients, conditions sanitaires précaires, corruption endémique, conditions de vie particulièrement difficiles des femmes, violence, déforestation...

Certains observateurs n'hésitent donc pas à dire que le pays est en fait à construire, et le prochain président haïtien n'aura pas assez d'un mandat pour donner à Haïti un avenir meilleur.

Le prochain chef d'État risque en outre d'être confronté à un obstacle supplémentaire: les sondeurs estiment que le gagnant ne pourra pas s'appuyer sur une majorité au Parlement. C'est plutôt à Inité, le parti du pouvoir, qu'ils prédisent une majorité de sièges, autant au Sénat qu'à la Chambre des députés.

Les membres de la diaspora: contributeurs, mais pas électeurs

On évalue la diaspora haïtienne à 2 millions de personnes, vivant pour la plupart aux États-Unis et au Canada. Selon les chiffres de la Banque interaméricaine de développement, les émigrés haïtiens envoient environ 1,5 milliard de dollars par année à leurs proches restés au pays, soit 26 % du PIB haïtien.

Même si on leur demande de participer aux efforts de reconstruction de leur pays d'origine ou même de contribuer au financement des candidats qui se présentent, les membres de la diaspora qui ont une autre nationalité ne peuvent pas voter. Le pays n'autorise pas la double citoyenneté. Mirlande Manigat et Michel Martelly proposent cependant de leur accorder le droit de vote.

14:09 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Près d'un million de déplacés en Côte d'Ivoire, selon le HCR

Un corps découvert dans un quartier d'Abidjan après de violents heurts entre des partisans favorables à Alassane Ouattara et les forces de l'ordre.

Photo: AFP/Sia Kambou

Un corps découvert dans un quartier d'Abidjan après de violents heurts entre des partisans favorables à Alassane Ouattara et les forces de l'ordre. (Archives)

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a évalué, vendredi, à près d'un million le nombre de personnes ayant fui Abidjan, la capitale de la Côte d'Ivoire, en proie à des affrontements entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d'Alassane Ouattara.

« Il y a une insécurité grandissante à Abidjan, en Côte d'Ivoire, et nous assistons à une augmentation brusque de déplacements », a expliqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR.

Les déplacements importants à Abidjan et ailleurs sont dus à la crainte d'une guerre totale.

— Melissa Fleming, porte-parole du HCR

La Côte d'Ivoire est secouée depuis novembre 2010 par une grave crise politique, née du refus du président sortant Laurent Gbagbo de céder la place au président internationalement reconnu Alassane Ouattara.

Selon l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, le bilan des violences postélectorales s'établit à environ 460 morts.

L'ONU va enquêter sur les violations

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a décidé vendredi de créer une commission d'enquête internationale indépendante sur les violations commises en Côte d'Ivoire depuis la présidentielle de novembre 2010.

Une résolution adoptée en ce sens sur l'initiative du groupe des pays africains demande « de mener des investigations sur les faits et les circonstances concernant des allégations de sérieux abus et violations des droits de l'homme commis en Côte d'Ivoire suite à la présidentielle du 28 novembre ».

Il s'agit « d'identifier les responsables de ces actes et de les traduire en justice ».

La résolution appelle encore à la cessation immédiate des violences, notamment contre les femmes, et condamne fermement toutes les « atrocités » commises.

Par ailleurs, les membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU ont réitéré leur soutien au candidat Alassane Ouattara.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

14:04 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 24 mars 2011

Deux séismes secouent le Myanmar

Carte de la région du Myanmar

Deux séismes de magnitude 7 ont frappé le nord-est du Myanmar, aux limites de la Thaïlande et du Laos.

Le Centre américain d'études géologiques (US Geological Survey) rapporte que les deux puissants tremblements de terre sont survenus à quelques secondes d'intervalle à 8 h 25, heure locale, vendredi (13 h 55 GMT jeudi), à 110 km au nord de Chiag Mai, une ville du nord-est de la Thaïlande. La première secousse s'est produite à une profondeur de 10 km, la seconde, de 230, selon le USGS.

La région atteinte correspond au Triangle d'or, une zone de collines boisées très peu peuplée qui abrite un important trafic d'opium.

Selon des témoins, les secousses ont été ressenties jusqu'à Hanoï, la capitale vietnamienne, où des habitants ont quitté des tours. D'autres ont observé des bâtiments vaciller à Bangkok, la capitale thaïlandaise, située à 800 kilomètres au sud de l'épicentre.

Le Centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique a précisé qu'il n'y avait pas de risque de tsunami.

19:51 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'hôpital de Deraa reçoit 25 cadavres de manifestants

Manifestation antigouvernementale à Daraa, le 23 mars 2011.

Photo: La Presse Canadienne /Hussein Malla

Manifestation antigouvernementale à Daraa, le 23 mars 2011.

Au lendemain d'une révolte dans le sud de la Syrie, un responsable de l'hôpital de la ville de Deraa à raconté à l'agence Reuters, jeudi, que l'établissement avait reçu au moins 25 cadavres de manifestants.

« Ils avaient tous des traces de balles », a-t-il dit.

Mercredi, les forces de l'ordre ont fait feu une fois de plus sur des protestataires. On rapportait alors que 15 personnes, dont une fillette de 11 ans, avaient été tuées à Deraa.

Cette ville située à une centaine de kilomètres au sud de Damas est encerclée par l'armée depuis les manifestations sans précédent de la fin de semaine dernière contre le régime de Bachar al-Assad. Des manifestations ont toutefois été recensées dans tout le pays au cours des derniers jours.

Comme dans plusieurs pays du monde arabe depuis le début de l'année, les protestataires réclament la fin de la tyrannie.

La France a demandé à la Syrie, jeudi, de s'ouvrir au dialogue et au changement démocratique.

19:44 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Trois employés de Fukushima irradiés

la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Photo: AFP/DIGITALGLOBE

Une photo prise par satellite le 18 mars 2011 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Trois employés de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi ont été blessés après avoir été exposés à de fortes doses de radiation, jeudi, alors qu'ils tentaient de rétablir le courant dans le réacteur 3.

L'Agence japonaise de sûreté nucléaire a précisé que deux d'entre eux ont été hospitalisés après avoir été soumis à des niveaux de rayonnement atteignant 170 à 180 millisieverts.

En temps normal, un travailleur du nucléaire ne doit pas être exposé à plus de 20 millisieverts par année sur une période de cinq ans, selon les normes internationales.

Près de deux semaines après le séisme et le tsunami dévastateurs, les secours tentent toujours de refroidir les réacteurs de la centrale du nord-est du Japon. Évacué la veille après une émanation de fumée noire, le personnel a repris les opérations d'arrosage sur le réacteur 3, où l'électricité avait été en partie rétablie dans la salle de contrôle.

Environ deux douzaines de personnes ont été blessées depuis le début des fuites radioactives qui ont suivi les catastrophes du 11 mars dernier.

Les nourrissons peuvent à nouveau boire l'eau de Tokyo

L'inquiétude relative à la contamination reste vive à Tokyo, où les 13 millions d'habitants ont reçu la consigne, mercredi, de ne plus donner d'eau du robinet aux bébés. Jeudi, les autorités locales ont levé cette consigne, après avoir observé que le niveau d'iode radioactif dans l'eau courante de la capitale était revenu sous la limite légale de 100 becquerels pour les enfants de moins d'un an.

Après avoir atteint 131 à 210 becquerels par kilogramme, la concentration d'iode radioactif est tombé à 79 becquerels.

D'autres localités des préfectures de Chiba et Ibaraki, voisines de Tokyo, ont également déconseillé l'eau du robinet pour les bébés.

Le Canada renforce ses contrôles sur les produits japonais

Les craintes des conséquences des rejets radioactifs de la centrale sur les aliments japonais se propagent à l'étranger. Le Canada et l'Australie se sont ajoutés, jeudi, à la longue liste de pays qui ont pris des mesures de contrôle plus strictes à l'égard des produits frais en provenance du Japon.

L'Agence canadienne d'inspections des aliments exige maintenant que les produits laitiers, les fruits et les légumes provenant de la région de Fukushima soient accompagnés de documents attestant qu'ils sont sans risque pour la santé.

L'Australie a, quant à elle, gelé les importations de produits alimentaires provenant des quatre préfectures contaminées.

Le séisme et le tsunami du 11 mars ont fait au moins 9700 morts et 16 500 disparus, selon un nouveau bilan fourni jeudi par la police nationale japonaise.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Associated Press

19:41 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Les rebelles libyens n'arrivent pas à faire des gains

Les forces fidèles au colonel Kadhafi maintiennent leurs positions à Ajdabiya et poursuivent leur offensive à Misrata et Zenten, jeudi, malgré les nombreuses frappes des armées américaine, britannique et française.

Des insurgés fuient des tirs de mortiers aux abords d'Ajdabiya.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Anja Niedringhaus

Des insurgés fuient des tirs de mortiers aux abords d'Ajdabiya.

À Tripoli, de nouvelles explosions ont été entendues dans la nuit de mercredi à jeudi. Des tirs de défense antiaérienne continuent aussi de se produire, ce qui prouve qu'elles n'ont pas été entièrement détruites.

L'agence officielle libyenne Jana a accusé la coalition d'avoir « visé un quartier résidentiel » de la banlieue est de Tripoli, faisant un « nombre important de morts parmi les civils ».

La télévision nationale libyenne diffuse des images de Libyens qui auraient été blessés lors des frappes, mais les journalistes ne sont pas en mesure d'en vérifier l'authenticité.

L'Agence France-Presse rapporte en outre que des témoins ont déclaré avoir entendu une forte explosion sur une km à l'est de Tripoli. Des flammes s'élevaient de la base après l'explosion.

Aucun recul des troupes pro-Kadhafi

À Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, des rebelles et des résidents joints au téléphone par Reuters affirment que des tanks sont entrés dans la ville après que la nuit fût tombée, et ont entrepris de pilonner un secteur situé à proximité de l'hôpital. Mercredi, des raids de la coalition s'étaient traduits par une courte accalmie.

Carte de la Libye

Carte de la Libye

Un résident de Misrata se prénommant Abdelasset a déclaré à Reuters que des raids de la coalition ont détruit des chars à l'entrée de la ville, mais que d'autres sont toujours actifs au centre de la ville.

Il ajoute que les insurgés ont perdu le contrôle du port. « Depuis mercredi, le port est sous contrôle des soldats [de Kadhafi]. Ils ont envoyé deux navires de guerre et quelques bateaux, et maintenant ils nous assiègent par la mer », affirme-t-il.

« Ils ne nous ont pas attaqués, mais s'ils le font, les milliers d'ouvriers seront les premières victimes », ajoute-t-il, faisant référence aux quelque 6000 travailleurs égyptiens et africains qui tentent de quitter la ville par la mer. « Ils sont allés là-bas dans l'espoir de trouver un bateau pour partir, mais personne ne vient », a expliqué Abdelbasset.

Un porte-parole des rebelles dans la troisième ville du pays soutient que des tireurs d'élite sont toujours actifs dans la ville. Selon lui, ils auraient déjà tué 16 personnes. Ces informations ne peuvent être vérifiées non plus, la presse étrangère étant totalement absente dans cette ville.

Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaaim, dément toute opération militaire à Misrata. Il assure que le régime respecte le cessez-le-feu imposé par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.

À Zenten, sous contrôle des insurgés, un résident joint au téléphone par Reuters affirme que davantage de troupes et de tanks sont arrivés pour prêter main-forte aux unités qui bombardent la ville, à environ 100 km au sud-ouest de Tripoli.

Sur le front est, la situation est inchangée. Les rebelles demeurent aux portes d'Ajdabiya, mais sont gardés à bonne distance par les forces loyalistes, comme c'était le cas au début de la semaine.

Ajdabiya est située à 200 km au sud de Benghazi, berceau de l'opposition et siège du gouvernement de transition dirigé par l'ex-ministre de la Justice, Mahmoud Jabril.

Un habitant de Sebha, à 750 km au sud de Tripoli, a aussi déclaré à l'AFP que la coalition internationale a mené au cours des dernières heures des raids aériens intensifs sur la ville. Celle-ci est un fief de la tribu de Guededfa, dont fait partie le colonel Kadhafi.

L'armée française a pour sa part annoncé le bombardement d'une base aérienne située à 250 km au sud des côtes libyennes, soit loin de la zone de Benghazi, où la France intervenait jusqu'à présent.

Selon le site Internet de la chaîne américaine ABC, un chasseur français a aussi abattu un avion militaire libyen ne respectant pas la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Difficiles négociations à l'OTAN

À Bruxelles, les ambassadeurs des 28 pays membres de l'OTAN poursuivront jeudi les négociations menées depuis plusieurs jours pour tenter de régler les derniers détails du rôle de l'Alliance atlantique dans l'opération en Libye.

Un Mirage de l'armée française est préparé pour une mission au-dessus de la Libye, à la base de Solenzara, en Corse.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Francois Mori

Un Mirage de l'armée française est préparé pour une mission au-dessus de la Libye, à la base de Solenzara, en Corse.

La Turquie, seul pays musulman membre de l'alliance, refuse d'autoriser l'Alliance à prendre en charge la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen si la coalition ne cesse pas ses bombardements au préalable.

À Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a plutôt affirmé jeudi que les frappes aériennes vont se poursuivre. « Nous ciblons sur les moyens militaires et sur rien d'autre », a déclaré le ministre à la radio RTL.

« Cela va continuer le temps nécessaire », a-t-il ajouté, réitérant qu'à son avis, les opérations en cours depuis samedi constituent « un succès ».

« La destruction des capacités militaires de Kadhafi, ça peut se compter en jours, en semaines, certainement pas en mois », a-t-il assuré un peu plus tard, lors d'un point de presse.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Reuters et Al-Jazira

19:38 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

La Syrie envisage de lever l'état d'urgence

Alors que des dizaines de milliers de manifestants défilaient à nouveau dans les rues de Deraa, le régime syrien a annoncé jeudi qu'il étudiera la possibilité d'annuler la loi sur l'état d'urgence, en place depuis 1963.

La conseillère du président el-Assad, Boussaïna Chaabane, qui s'est adressée à la presse au nom du chef d'État, a également affirmé que les autorités se pencheraient sur l'instauration d'une structure gouvernementale multipartite.

Mme Chaabane a en outre annoncé une série de mesures sociales immédiates en réponse à la grogne populaire : augmenter les salaires des employés de l'État, améliorer l'accès à l'emploi pour les jeunes, adopter une loi sur la liberté de la presse, lutter contre la corruption, entre autres.

Le président el-Assad, dont le parti Baas est au pouvoir depuis plus de 40 ans, n'a pas pris la parole en public depuis le début du soulèvement.

Des militants antigouvernementaux se rassemblent à Deraa, le 23 mars 2011.

Photo: AFP/Anwar Amro

Des militants antigouvernementaux se rassemblent à Deraa, le 23 mars 2011.

Manifestation pour les « martyrs » syriens

Plus tôt en journée, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées à Deraa, dans le sud du pays, pour assister aux funérailles de protestataires tués la veille.

« La ville a besoin d'une semaine pour enterrer ses martyrs », a affirmé à l'Agence France-Presse le militant Ayman al-Assouad.

Selon des témoins, le cortège s'est mué en protestation contre le régime du président Bachar el-Assad alors qu'il se dirigeait de la mosquée Omari vers le cimetière. « Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, martyr. », a scandé la foule.

Selon des militants des droits de la personne, plus d'une centaine de manifestants ont été abattus mercredi par la police dans la ville de Deraa, épicentre de la contestation syrienne.

Un responsable de l'hôpital de la ville avait auparavant déclaré que l'établissement avait reçu au moins 25 cadavres mercredi en fin d'après-midi. « Ils portaient tous des traces de balles », a-t-il précisé jeudi à l'agence Reuters.

Les autorités ont pour leur part attribué la responsabilité des violences de mercredi à un « gang armé », l'accusant d'avoir tué quatre personnes et « d'emmagasiner des armes dans la mosquée » Omari.

Un mouvement qui perdure

D'importantes manifestations contre le pouvoir se succèdent à Deraa depuis le 18 mars malgré la loi d'urgence instaurée il y a 48 ans. Des protestations ont en outre été recensées dans tout le pays au cours des derniers jours.

Comme dans plusieurs pays du monde arabe depuis le début de l'année, les réseaux sociaux ont contribué à organiser le mouvement de contestation.

Une page Facebook intitulée La révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2001 semble avoir été le point de départ de l'agitation qui a commencé par de petits rassemblements à Damas avant de s'étendre dans le sud du pays.

Cette page appelle à des manifestations pour « une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception ».

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters

19:33 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Ottawa accroît sa participation militaire en Libye

Aurora CP 140

Photo: AFP/AFP / ALBERTO PIZZOLI

Aurora CP 140

Le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a annoncé jeudi que deux avions Aurora CP-140 sont dépêchés en Italie pour participer aux opérations de la coalition internationale autorisées par le Conseil de sécurité de l'ONU en Libye.

Une vingtaine de militaires accompagneront ces avions de surveillance, qui seront basés à la base aérienne de Trapani, en Italie, ce qui porte à 435 le nombre de soldats canadiens participant à l'Opération Mobile.

Selon le ministère de la Défense, l'Aurora CP-140 peut parcourir plus de 9000 km sans ravitaillement en carburant. Son autonomie est de 17 heures et son rayon d'action est de 9266 km.

Le Canada a déjà déployé six chasseurs CF-18 pour participer aux opérations militaires. Ces appareils et les 150 appareils nécessaires à leur fonctionnement sont aussi basés à la base de Trapani. Deux avions de ravitaillement CC-150 Polaris sont également sur place.

Ottawa a aussi déployé deux appareils de transport C-17 et deux autres de types C-130 à Malte, ainsi que la frégate NCSM Charlottetown, qui mouille en mer Méditerranée.

Quatre chasseurs canadiens soutenus par deux avions de ravitaillement en vol ont effectué deux missions de bombardement plus tôt cette semaine.

La première attaque, qui a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, a visé des cibles à Misrata, une ville située à 200 kilomètres à l'est de Tripoli qui est détenue par les insurgés, mais qui est assiégée par les forces loyalistes. Un entrepôt de munitions aurait été visé.

Selon le chef adjoint de l'armée de l'air, le major général Tom Lawson, quatre bombes à guidage laser de 226 kilogrammes ont été lancées pendant ce premier raid. « Tout indique que l'attaque a été réussie », a-t-il indiqué.

La seconde attaque a eu lieu plus tard mercredi, mais l'armée canadienne n'a pas donné de détails.

19:24 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

En Libye, l’improvisation

 

La Libye sera-t-elle un autre clou dans le cercueil de l'impérialisme occidental et du néocolonialisme? Posée de cette façon provocatrice et outrancière, la question ressemble à de la rhétorique gauchiste. Mais derrière la formulation caricaturale, c'est un vrai problème qui se pose.  

Voilà des puissances occidentales - États-Unis, France, Grande-Bretagne, avec quelques soutiens, qu'ils soient italiens ou canadiens - engagées, après un vote à la va-vite au Conseil de sécurité, et avec l'abstention humiliante de cinq poids lourds internationaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Allemagne), dans un combat aux alliés mal connus, aux objectifs mal définis... et où la chaîne de commandement n'était même pas arrêtée au moment du déclenchement de l'attaque! 

Au moment d'écrire ces lignes (mercredi le 23 mars), les pays membres de l'OTAN se chamaillaient encore, réunis pendant plus de 48 heures derrière des portes closes à Bruxelles pour savoir qui exactement allait mener la suite des opérations et quel serait au juste le « chapeau » politique qui piloterait toute cette aventure. 

Quels objectifs?

Incertitude, d'abord, sur les objectifs. Instaurer une zone d'exclusion aérienne, clouer au sol les avions et les hélicoptères de Kadhafi? Fort bien. Après quatre jours d'opérations aériennes, cela semblait chose faite... Mais l'autre objectif, celui, primordial, de « protéger les civils », inscrit depuis 2005 comme obligation dans les textes de l'ONU, et repris dans cette résolution 1973 du 17 mars qui autorise l'intervention aérienne en Libye, n'était manifestement pas atteint. Et ce, malgré le succès « technique » de l'embargo aérien... 

Que dire, en effet, de la situation à Misrata, cinq jours après le début des opérations aériennes, où les tanks de Kadhafi soumettaient cette ville importante (la troisième du pays) à un siège, et où la situation humanitaire était décrite comme « critique » par un médecin sur place interviewé par Delphine Minoui, collaboratrice de Radio-Canada? 

Autre flou sur les objectifs : veut-on, oui ou non, en finir avec le colonel Kadhafi... et y mettre tous les moyens? Les dirigeants occidentaux ont multiplié les déclarations sur ce sujet, certains disant « oui », d'autres « peut-être »... mais personne voulant, en tout cas, le faire soi-même. Puisque, après tout, « ce n'est pas à nous à faire ça, c'est au peuple libyen de se débarrasser de son dictateur ». 

L'intervention aérienne a certes, dans les premiers jours, permis d'éviter que ne retombe Benghazi, le bastion rebelle, à l'est du pays, aux mains des pro-Kadhafi. Mais elle n'a pas pour autant renversé le cours des événements de façon décisive, comme l'espéraient les « alliés ».  

Cette intervention limitée de l'Occident pourrait avoir pour effet pervers non pas de faire gagner la rébellion en privant le régime de son avantage militaire aérien, mais plutôt de « figer » la situation sur le terrain, dans une impasse et un blocage mutuel des forces en présence. Ce qui pourrait signifier, à terme, une partition de facto de la Libye.  

Rêver en couleurs

C'est sur ce fond d'impasse stratégique sur le terrain que les Occidentaux, entre ONU et OTAN, ont étalé leurs divisions, les Allemands se désolidarisant publiquement des Français en plein Conseil de sécurité, puis agissant – avec les Turcs, semble-t-il – pour bloquer la mise en place d'une structure politique qui chapeauterait l'intervention des alliés... Intervention qui, aux dernières nouvelles, passerait sous la direction « technique », mais non « politique », de l'OTAN. 

Ceux qui ont décrit l'intervention en Libye comme une simple opération humanitaire, doublée d'un petit « coup de pouce » stratégique aux insurgés, qui suffirait, par la magie de quelques bombardements et quelques patrouilles aériennes, à faire sauter le « verrou Kadhafi » ont probablement rêvé en couleurs.  

Même sans avoir mis les pieds au sol, les forces occidentales ont sans doute mis le doigt dans un engrenage. À la clé, un blocage prolongé sur le terrain, ou pire encore : un désastre humanitaire qui se produirait malgré l'intervention aérienne, et contre lequel, à défaut de pouvoir intervenir au sol, on ne pourrait rien faire.  

Quant à l'analyse selon laquelle il s'agirait d'une intervention bien huilée et planifiée des « agents politiques et financiers » anglo-américano-occidentaux, pour mettre la main sur le pétrole et installer à Tripoli un régime à leur main... ce n'est pas – mais absolument pas – ça qu'on voit en ce moment! 

Le déclin de l'Empire occidental?

En fait, les Occidentaux ont été entraînés dans cette affaire à leur corps défendant. 

L'improvisation « macho » et théâtrale d'un certain Nicolas Sarkozy y a été pour beaucoup dans cette précipitation et cette improvisation. Les Américains, qui veulent le plus vite possible quitter ce bateau brinquebalant, les Britanniques et les autres avancent dans le brouillard, sans trop savoir ce que sera l'étape suivante. Ils sont empêtrés. Ils se déchirent entre eux sur la place publique, sous l'oeil officiellement « scandalisé », mais, en réalité, intéressé et goguenard des Russes, des Chinois, des Turcs et de tous ceux qui ont dit « non » à cette équipée.  

Les Arabes? Malgré les appels de la Ligue arabe qui se disait, au départ, être partisane d'une telle intervention, la coalition cherche encore désespérément de vrais partenaires de cette région du monde, pour rendre l'intervention plus crédible et plus légitime.  

Le pétrole libyen? Il n'est pas si important qu'on le dit (entre 1 % et 2 % du total mondial). Et pas plus qu'en Irak, ce ne seront pas les Occidentaux qui ramasseront le morceau à la fin. Je parierais plutôt sur des compagnies énergétiques russes et chinoises! 

Ce à quoi on assiste, dans les sables de Libye, c'est peut-être à un nouvel épisode du « déclin de l'Empire occidental ». Cet Empire qui, jadis peut-être, put commander aux éléments et aux roitelets d'Arabie... mais qui n'en est manifestement plus capable aujourd'hui.

 

19:12 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 23 mars 2011

Les multiples inquiétudes des Japonais

Le taux de radiation d'un enfant est contrôlé à Koriyama dans la préfecture de Fukushima.

Au Japon, l'accident nucléaire survenu à la suite du tremblement de terre et du tsunami continue d'inquiéter les autorités. Depuis quelques jours, la sécurité alimentaire est au coeur des préoccupations des Japonais et de la communauté internationale. De Tokyo, notre collaboratrice Karyn Poupée, correspondante de l'Agence France-Presse, fait le point sur la situation.

Selon Karyn Poupée, la salubrité des aliments et de l'eau va bientôt devenir la principale inquiétude des Japonais. Pour l'instant, ils doivent plutôt continuer de conjuguer avec les répliques. Deux nouvelles secousses ont d'ailleurs ébranlé le nord-est du pays aujourd'hui. Elle fait également état des progrès enregistrés à la centrale nucléaire de Fukushima, grâce aux équipes qui travaillent d'arrache-pied pour résorber le problème.  

Les enceintes de confinement des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon ne sont pas gravement endommagées, malgré la poursuite des rejets radioactifs, a indiqué mardi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). 

Selon James Lyons, directeur de la sûreté des installations nucléaires à l'Agence internationale pour l'énergie atomique, il n'y a pas de grands trous ou des rejets excessifs de ces enceintes de confinement. 

Il reconnaît toutefois que des radiations proviennent toujours de ce site. La question est de savoir d'où elles proviennent : de l'enceinte de confinement primaire ou des piscines où est entreposé le combustible usagé, a expliqué James Lyons. 

Ces informations contrastent avec celles de la compagnie qui exploite la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), qui a annoncé plus tôt que l'augmentation de la température qui règne autour du coeur du réacteur n° 1 soulève des inquiétudes. 

Des rejets radioactifs

La crainte d'une contamination radioactive se renforce. La présence d'iode radioactif à un niveau 127 fois supérieur à la normale et de césium radioactif à un niveau environ 25 fois supérieur à la normale a été détectée dans l'eau de mer à 100 mètres de la centrale de Fukushima. 

En raison des concentrations élevées d'iode, le ministère de la Santé a conseillé aux habitants d'Itate, un village situé à 30 km de la centrale, de ne pas boire l'eau de l'aqueduc. 

Les nouvelles sont également inquiétantes sur la contamination des produits alimentaires. 

Selon l'agence de presse Kyodo, des substances radioactives en quantités supérieures aux normes légales ont été détectées dans des brocolis et du lait cru dans des zones proches de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.

17:54 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Une explosion fait un mort et 30 blessés à Jérusalem

Les services d'urgence se pressent sur le lieu de l'attentat, le 23 mars 2011.

Photo: AFP/Marina Passos

Les services d'urgence se pressent sur le lieu de l'attentat, le 23 mars 2011.

L'explosion d'une bombe près d'un autobus à Jérusalem a tué une femme et blessé 30 personnes, mercredi.

La femme a succombé à ses blessures à l'hôpital local de Hadassah.

Au moment de la déflagration, l'engin explosif se trouvait dans un sac de voyage laissé près d'un arrêt d'autobus, selon les autorités.

L'explosion, qui a secoué des bâtiments à des centaines de mètres de distance, a atteint l'autobus du circuit 174 au moment où il s'arrêtait pour prendre des passagers entre la gare Centrale d'autobus et le palais des congrès, à l'entrée ouest de la ville.

Un correspondant de l'Agence France-Presse a rapporté avoir vu des gens couverts de sang allongés sur le sol. Des dizaines d'ambulances et de voitures de police se sont précipitées sur les lieux, où passent plus d'un millier d'autobus tous les jours.

Cette attaque survient à la suite d'un regain de tension entre des groupes islamistes de la bande de Gaza et Israël.

Plus tôt mercredi, des militants palestiniens ont tiré des roquettes et des obus de mortier sur Israël qui a riposté par des raids aériens. Le Djihad islamique a fait état d'un mort parmi ses combattants.

Mardi, quatre militants palestiniens et quatre civils ont été tués par des frappes israéliennes. Les activistes de Gaza ont menacé Israël de représailles.

Il s'agit du premier attentat du genre dans la Ville sainte depuis que Benjamin Nétanyahou est revenu au pouvoir en 2009.

17:45 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Mobilisation en Montérégie pour remplacer le pont Champlain

Le pont Champlain à Montréal

Photo: La Presse Canadienne /Paul Chiasson

Le pont Champlain à Montréal

Des élus et des gens d'affaires de la Rive-Sud de Montréal se mobilisent pour convaincre Ottawa de l'urgence de remplacer l'actuel pont Champlain.

Des maires d'une douzaine de villes la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud dénoncent l'approche du Ministère des Transports qui semble vouloir prolonger la durée de vie de la structure.

Le gouvernement Harper a en effet annoncé vendredi dernier que 158 millions de dollars seront consacrés exclusivement à la réfection et la sécurisation du corridor du pont Champlain.

Des risques d'effondrement

Des études réalisées par la firme Delcan rendues publiques la même semaine avancent pourtant que l'effondrement partiel de la structure du pont n'est pas à exclure. La structure du pont Champlain se détériore beaucoup plus rapidement que prévu.

Il a été reconnu qu'il y a un risque d'effondrement partiel du pont, ou même d'un effondrement d'une travée (une partie du pont entre deux piliers).

— Rapport de la firme Delcan

La coalition a donc adressé une lettre ouverte au ministre fédéral des Transports, Chuck Strahl, pour lui demander d'agir.

« Je ne suis pas le seul qui est inquiet. Dans toute l'agglomération de Longueuil, on a la même position, on veut qu'un nouveau pont soit construit. On parle des passagers, des gens qui l'empruntent. On parle aussi d'une infrastructure de développement économique importante pour la grande région métropolitaine », explique Paul Leduc, le maire de Brossard, porte-parole de la coalition.

La mairesse de l'agglomération de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, dénonce également la lenteur d'Ottawa « On ne nous annonce aucun échéancier pour un nouveau pont et cela nous préoccupe tous. Cela préoccupe également les citoyens qui utilisent quotidiennement ce pont, notamment en transport en commun. Il faut absolument que le gouvernement fédéral en arrive à une annonce ».

Le gouvernement prend son temps

Interrogé à ce sujet mardi pendant la période des questions à Ottawa, le ministre des Transports s'est montré rassurant : « Il est inapproprié de parler d'un nouveau pont tant que nous n'aurons pas reçu l'étude de faisabilité finale au sujet de l'avenir du pont Champlain. Quand nous l'aurons reçu, nous envisagerons toutes les options, y compris le remplacement du pont Champlain ».

Le ministre a réitéré sa position dans une tribune publiée mercredi dans La Presse et intitulée Le Pont Champlain est sécuritaire.

Au niveau provincial, l'opposition péquiste a également questionné à l'Assemblée nationale le gouvernement Charest afin de savoir quelles actions il compte mettre en oeuvre à ce sujet.

Le ministre des Transports, Sam Hamad, a répondu que Québec réalise actuellement une étude avec le gouvernement fédéral pour déterminer l'état actuel du pont et les solutions à envisager en fonction des résultats.

Une nouvelle étude recommande le remplacement

Le Devoir a obtenu une copie de l'étude de préfaisabilité qui sera rendue officiellement à la fin du mois au ministre Chuck Strahl. Les experts y recommandent la construction d'une nouvelle structure compte tenu de la vétusté du pont Champlain.

Ils se montrent également favorable à un partenariat public-privé (PPP) pour son mode de réalisation. Cette option est plus coûteuse, mais elle donne des assurances sur la conception et la viabilité à long terme du nouveau pont.

La mobilisation s'organise

Un groupe piloté par la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud s'apprête à se rendre Ottawa pour défendre la construction d'un nouveau pont.

La mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, devraient soumettre jeudi une résolution au Conseil exécutif de la Ville de Montréal

Une première rencontre de la coalition est aussi prévue dans les prochains jours sur la Rive-Sud.

Le pont Champlain

Avec 57 millions de véhicules qui y circulent par année, dont 8 % de camions, il s'agit du pont qui est le plus emprunté au Canada. Il a fallu cinq ans, soit de 1957 à 1962, pour construire cette véritable épine dorsale de la circulation automobile montréalaise.

À l'origine, il y avait un péage, qui a été aboli en 1990. D'une longueur d'environ 6 km, le pont Champlain compte six voies de circulation. En semaine, 400 autobus y transportent matin et soir 18 000 passagers. Sa fermeture, même temporaire, aurait des conséquences désastreuses.

Radio-Canada.ca avecPresse canadienne

17:31 Écrit par Kpanou dans Actualités du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |