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mercredi, 16 mai 2012

LE CANCER DE PEAU

Les dangers de l'exposition au soleil


Malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation, l'incidence du cancer de la peau au Canada depuis les années 1980 a augmenté, une situation qui préoccupe des chercheurs, des médecins et les autorités de santé publique.

Journalistes : Christine Limoges et Sophie-Hélène Lebeuf

En 2009, près de 75 100 nouveaux cas de carcinomes et près de 5000 nouveaux cas de mélanomes ont été diagnostiqués au pays. La même année, près de 1200 personnes sont mortes de l'un ou l'autre de ces types de cancer.

Types de cancer de la peau

Mélanome : type le plus grave de cancer de la peau se manifestant tout d'abord par un petit grain de beauté pigmenté. Le mélanome peut s'étendre localement et se propager rapidement à des organes éloignés.

Carcinome (ou épithélioma basocellulaire) : type de cancer de la peau le plus répandu, facile à dépister, affectant le plus souvent les parties du corps fréquemment exposées au soleil. Un traitement précoce permet en général de vaincre ce type de cancer à évolution lente.

Source : Société canadienne du cancer

« C'est devenu exponentiel », résume le Dr Bernard Delisle, chef du service de dermatologie du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). « C'est le cancer numéro un en termes de fréquence et d'incidence, et c'est celui qui augmente le plus rapidement. » La majeure partie de la pratique du Dr Delisle est maintenant consacrée aux cancers de la peau, qu'il s'agisse de nouveaux cas, de suivis ou de lésions précancéreuses.

Les personnes atteintes d'un mélanome ont principalement entre 25 et 40 ans, constate le Dr Marc Rhainds, médecin spécialisé dans la recherche sur les cancers de la peau à l'Institut national de santé publique du Québec. En quinze ans, le nombre de cas dans cette tranche d'âge a augmenté de 30 %.

Les premières années de vie, une période critique

Les chercheurs et les dermatologues insistent pour dire que les enfants, les adolescents et les jeunes adultes doivent se protéger davantage que les autres. Pourquoi? Notamment parce qu'entre 50 % et 80 % des expositions au soleil dans une vie surviennent avant l'âge de 20 ans.

Coup de soleil

Photo: iStockphoto

En outre, les risques de développer un cancer de la peau sont plus élevés chez les personnes qui s'exposent aux rayons ultraviolets avant l'âge de 35 ans. Plus on est jeune, moins le système immunitaire est en mesure de réparer les coups de soleil, explique le Dr Rhainds.

Le Dr Joël Claveau, dermatologue spécialisé dans le diagnostic du cancer de la peau, à Québec, précise pour sa part que les coups de soleil constituent des blessures beaucoup plus graves qu'on ne le croit, aux effets cumulatifs. « Ce qu'on observe, c'est un phénomène de latence concernant les dommages causés à notre peau », ajoute-t-il.

Un coup de soleil important pris à 15 ou 20 ans va endommager le code génétique de nos cellules. C'est enregistré. Et avec les effets cumulatifs, des mutations vont se former et le cancer va se développer par la suite.

— Dr Joël Claveau

Mélanomes et carcinomes

Le mélanome, un cancer de la peau qui peut entraîner la mort, constitue sans aucun doute le cancer dont la progression est la plus rapide chez les adolescents et les jeunes adultes, autant au Québec qu'au Canada.

Les mélanomes en chiffres au Canada (tous âges confondus)

Nouveaux cas diagnostiqués:
2001: 3800
2011 : 5600

Nombre de décès:
2001 : 820
2011 : 950

85 % des cancers de la peau constituent des carcinomes
et 15 %, des mélanomes.

Les carcinomes s'avèrent cependant plus fréquents. Ces cancers sont toutefois rarement mortels : 99 % des gens vont en guérir.

« En termes d'impact sur l'aspect esthétique, ça fait des ravages aussi, même si les gens n'en décèdent pas », ajoute cependant le Dr Marc Rhainds.

Lorsque les carcinomes doivent être retirés, ils peuvent causer de graves séquelles et ainsi entraîner « la perte de la moitié d'une joue, d'une oreille ou de la moitié du nez », indique le Dr Rhainds.

Les campagnes de sensibilisation sont insuffisantes

Il est « clair, net et précis » que le soleil est cancérigène, rappelle le Dr Rhainds. Depuis 30 ans, les études scientifiques le démontrent.

Mais les représentants de la santé publique et les autorités médicales constatent que le message ne passe pas dans la population.

Le Dr Rhainds compare la situation aux campagnes menées contre le tabagisme qui, elles, ont porté leurs fruits. Cependant, ajoute-t-il, lorsque la population n'est pas suffisamment informée, il y a des risques que l'exposition au soleil soit banalisée.

« À mon avis, dit-il, il y a des efforts importants à effectuer au cours des prochaines années : des campagnes de masse répétées dans le temps, qui vont moduler le message. Mais, les efforts sont jusqu'à maintenant nettement insuffisants ».

Les autorités médicales ne manquent pas de rappeler les meilleures façons de se protéger du soleil, mettant notamment en avant les bienfaits des crèmes solaires et leur importance.

Avec les lotions solaires, analyse le Dr Daniel Barolet, dermatologue à Montréal, « il n'y a plus de raisons de dire qu'on a pris un coup de soleil. « Je pense que ça constitue l'arme numéro un contre les effets néfastes du soleil », explique le Dr Barolet.

Quelques conseils pour mieux se protéger

  • Éviter de s'exposer au soleil entre 11 h et 16 h, alors que l'intensité des rayons ultraviolets se situe au maximum, même quand le temps est nuageux
  • Utiliser une crème solaire offrant un facteur de protection solaire (FPS) élevé. Santé Canada recommande un PFS supérieur à 15, mais le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) parle d'un FPS d'au moins 30, et plusieurs dermatologues estiment qu'un FPS de 60 est préférable.
  • Appliquer la crème de 15 à 30 minutes avant d'aller au soleil et renouveller l'application après la baignade ou à la suite d'une transpiration abondante.
  • Porter des verres fumés qui protègent à la fois des rayons UVA et UVB
  • Porter une chemise à manches longues, un pantalon et un chapeau à larges bords si l'on doit rester longtemps au soleil. Il est préférable de porter des vêtements tissés serrés.
  • Éviter d'utiliser les dispositifs de bronzage artificiel.
  • Consulter un médecin si un grain de beauté ou une tache pigmentaire change de couleur, de grosseur, de forme ou si elle si saigne, durcit ou démange.


  • Sources: Santé Canada, MSSS, Société canadienne du cancer

L'histoire de Martin

Martin, un résident de Québec qui souhaite préserver son anonymat, fait partie de ceux qui ont appris à la dure. Il se souvient d'avoir passé son enfance et son adolescence à la piscine et au bord de la mer, exposé au soleil, des journées entières, sans aucune protection.

À l'époque, raconte-t-il, il se faisait « griller » au point de devenir « rouge comme un homard », des pieds à la tête. « Le soir, en revenant du village des sports, [je n'étais] pas capable de prendre ma douche tellement ça brûlait. [J'avais] de la misère à dormir toute la nuit », se rappelle-t-il.

À 20 ans, ce jeune homme, aujourd'hui dans la trentaine, a appris qu'il avait un mélanome malin dans le dos. Après avoir subi une première intervention médicale, il a bénéficié d'un répit d'une dizaine d'années, avant que le cancer ne récidive, l'an dernier.

Cette fois, on lui a retiré tous les ganglions sous l'aisselle gauche, un souvenir douloureux. « C'est un événement marquant dans ma vie », dit-il. Depuis plus de 10 ans, ajoute-t-il, il ne sort jamais de chez lui sans avoir pris des mesures de précaution contre le soleil.

« Je ne veux pas mourir. C'est pour ça que je me protège, poursuit Martin. Je mets toutes les chances de mon côté pour ne plus avoir à vivre ce genre de situation. »

Les risques des salons de bronzage


L'Organisation mondiale de la santé considère depuis plusieurs années que les rayons ultraviolets artificiels comme ceux que l'on retrouve dans les salons de bronzage sont cancérigènes.

Les adolescents et les jeunes adultes, particulièrement les filles, forment la clientèle la plus à risque. Au Québec, chaque année, elles sont nombreuses à fréquenter les salons de bronzage en vue de leurs bals de finissants.

Le Dr Joël Claveau, dermatologue de Québec spécialisé dans le diagnostic des cancers de la peau, trouve la situation inquiétante. Sa clientèle est de plus en plus jeune, explique-t-il. Jugeant inacceptable que 80 % à 90 % des jeunes fréquentent des salons de bronzage avant le bal des finissants (un chiffre fourni par le spécialiste), il leur lance un message clair.

Les gens qui fréquentent des salons de bronzage doublent les risques de développer un mélanome, avertit-il.

Contrairement aux autres cancers de la peau, dont la latence peut durer 20 ans, le mélanome lui, est imprévisible et insidieux, indiquent le Dr Claveau et ses confrères.

L'une des patientes du Dr Claveau, Marie-Pier Desprès, a commencé à fréquenter des salons de bronzage vers l'âge de 16 ans.

Actuellement dans la jeune vingtaine, elle voulait à l'époque avoir un teint basané à l'approche de son bal de finissants. Seulement quatre ans se sont écoulés entre ses premières expositions au bronzage artificiel et un diagnostic de mélanome.

Aujourd'hui, Marie-Pier Desprès circule dans les écoles pour parler aux jeunes.

Je suis guérie, mais je veux avertir les gens que les [salons de bronzage] sont dangereux, leur dire que ça ne vaut pas la peine du tout d'y aller.

— Marie-Pier Després

Loin d'être inoffensifs, les rayons ultraviolets artificiels

Le Dr Marc Rhainds, médecin spécialisé dans la recherche sur les cancers de la peau à l'Institut national de santé publique du Québec, explique de son côté que les rayons ultraviolets dans les salons de bronzage sont d'une grande intensité.

Le moment de la journée où le soleil est le plus fort, c'est entre midi et 14 h. Et c'est exactement l'équivalent de cette intensité de rayons qu'on va recevoir lorsqu'on décide d'aller sur un lit de bronzage.

— Dr Marc Rhainds

Autre donnée méconnue du grand public : les rayons UVA, que l'on retrouve dans des lits de bronzage, ne sont pas aussi inoffensifs qu'on le croyait, explique le Dr Daniel Barolet, dermatologue à Montréal. Ils auraient un effet sur le vieillissement de la peau et, associés aux UVB, ils pourraient déclencher des cancers de la peau.

Rayons UVA et UVB

« Les rayons UVB provoquent l'érythème (rougeur) de la peau et des brûlures (coups de soleil). Leurs effets sont principalement limités à l'épiderme. Ils produisent un bronzage « retardé », c'est-à-dire survenant à lasuite de la formation du pigment noir de la peau appelé mélanine, de 48 à 72 heures après l'exposition. Les UVB constituent la principale cause des cancers de la peau.

Les rayons UVA pénètrent les couches profondes de lapeau, endommageant ainsi les fibres d'élastine et de collagène du derme. Les UVA ne brûlent pas comme les UVB et produisent une pigmentation dans les minutes suivant l'exposition, qui n'est pas due à la formation de nouvelle mélanine, mais plutôt à l'oxydation de lamélanine déjà présente dans la peau. Il s'agit d'un bronzage de courte durée. »
 
Source: ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

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mardi, 29 mars 2011

Avaler une pile bouton, un geste qui peut entraîner la mort

Piles boutons

Piles boutons

Des spécialistes en traumatologie de l'Hôpital de Montréal pour enfants mettent en garde les parents : ingérer des piles boutons peut entraîner de graves conséquences, y compris la mort.

Les médecins affirment qu'une fois avalée, ce genre de petite pile peut générer un courant électrique et faire libérer ainsi des substances chimiques pouvant endommager gravement les tissus en moins de deux heures.

Une personne qui a avalé une pile bouton doit recevoir une aide médicale de toute urgence. La batterie peut se loger facilement dans l'oesophage, le larynx, le pharynx, la trachée ou encore l'estomac.

Perforation, saignement, infection...

Elle risque alors d'entraîner une perforation de l'oesophage, la création d'un canal entre la trachée et celui-ci, un saignement, une infection, des dommages aux cordes vocales et, dans des cas extrêmes, la mort.

Le nombre d'enfants et d'adolescents développant de graves complications après avoir avalé ce genre de piles est en hausse, probablement parce que celles-ci sont de plus en plus courantes.

Très attirantes pour les enfants

Mesurant à peine 20 mm de diamètre, elles sont notamment utilisées dans des cartes de voeux musicales, des livres d'éveil pour les tout-petits, des montres, des jouets, des appareils auditifs, des appareils-photo, des planificateurs numériques, etc.

Rondes comme des bonbons et brillantes, elles s'avèrent très attirantes pour les jeunes enfants.

Un mordillement qui tourne mal

À titre d'exemple, l'Hôpital de Montréal pour enfants cite le cas d'un adolescent qui a ingéré par mégarde une pile bouton en mâchouillant le bout d'un stylo-lampe de poche. Il a subi une brûlure de l'oesophage ainsi qu'une perforation et a dû être hospitalisé durant dix jours.

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Un plan contre l'asthme

Un garçon et une pompe contre l'asthme

Photo: iStockphoto

Dans le traitement de l'asthme, le fait de joindre un plan d'action écrit à l'ordonnance améliore la maîtrise de ce trouble respiratoire chez les enfants.

Selon la Dre Francine Ducharme et ses collègues de l'Université de Montréal et du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, leurs travaux montrent que prendre quelques minutes à l'urgence pour bien expliquer aux enfants d'âge préscolaire leur trouble respiratoire et fournir un plan d'action écrit pour le traiter augmente sensiblement le respect de la médication et des recommandations des médecins.

Les statistiques indiquent qu'environ 65 % des enfants n'utilisent pas leur médicament de contrôle efficacement.

La situation ne s'améliore habituellement pas après une visite à l'urgence pour une crise d'asthme.

La Dre Ducharme ajoute que la rédaction d'un tel plan d'action aide également les urgentologues à prescrire de manière appropriée et conformément aux lignes directrices nationales concernant l'asthme.

Compte tenu de son avantage considérable et de son coût peu élevé, je recommande qu'on remette un plan d'action au moment de donner son congé au patient après une visite à l'urgence ou lors de son admission à l'hôpital, ainsi qu'après chaque visite préventive en lien avec l'asthme.

— Dre Francine Ducharme

Des modèles de plans écrits ont déjà été créés par l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) du Québec.Ils présentent trois caractéristiques particulières :

  • un modèle structuré pour le traitement médicamenteux et non médicamenteux de l'asthme, à court terme et à long terme
  • des messages essentiels sur la santé des asthmatiques
  • un outil d'auto-évaluation de l'asthme.

Plus de 2 750 000 Canadiens souffrent d'asthme.

Une étude publiée en 2010 par l'Institute for Clinical Evaluative Sciences de Toronto montre que les asthmatiques sont hospitalisés deux fois plus souvent que les autres malades et fréquentent davantage les urgences pour des maladies autres que l'asthme.

Le saviez-vous?

Les causes de l'asthme sont complexes, à la fois liées à une susceptibilité génétique et à divers facteurs tels que la pollution de l'air, la fumée de tabac, le stress, les émotions fortes, l'effort ou les infections.

16:31 Écrit par Kpanou dans VOTRE SANTE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |